Hôpital : la grande vague de licenciements et l'augmentation du risque pour les usagers est en marche

La grande vague de licenciements mise en place par Marisol Touraine commence à faire des ravages. Les hôpitaux deviennent plus dangereux. Le personnel craque.
Hôpital : la grande vague de licenciements et l'augmentation du risque pour les usagers est en marche
Arrivé sur barbalabs : 09 Novembre 2015
Originellement daté du : 01 Septembre 2015
Source : Les faux espoirs et vrais dangers des douze heures à l’hôpital
Nombre de commentaire : 1

Article Original :

Censées n’être que dérogatoires, les journées de travail de douze heures tendent à se généraliser dans 
les hôpitaux. Parfois à la limite de la légalité. Source d’économies pour les directions, cette organisation présente pourtant des risques avérés pour les personnels, et indirectement pour les patients.

Rennes, Agen, Sète, Nantes, Mâcon, Paris… Les journées de travail en 12 heures s’installent à l’hôpital. Plus des deux tiers des établissements franciliens auraient franchi le cap. Ce mouvement de fond, limité avant à la réanimation et aux urgences, se généralise aujourd’hui à tous les services de soins (y compris la psychiatrie, les soins de longue durée) et parfois à tout l’établissement. Ainsi, à l’hôpital parisien Tenon, le service de sécurité incendie travaille lui aussi en 12 heures.

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Les collègues travaillant en 12 heures sont à flux tendu. Il arrive que certains fassent, en sept jours, 72 heures de travail pour un jour de repos. Voilà la réalité des 12 heures. Joël Volson, secrétaire du syndicat SUD santé de l’hôpital Paul-Guiraud de Villejuif

Augmentation des erreurs, des accidents de travail, des TMS

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Les 12 heures sont la face cachée de l’iceberg. Au départ, tout est merveilleux sauf que deux ans plus tard apparaissent les premiers arrêts de travail pour burn-out .Denis Garnier, du syndicat Force ouvrière

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Au sein de l’unité hospitalière spécialement aménagée pour les détenus (UHSA) ouverte il y a moins d’un an et où les 12 heures ont été mises en place avec des volontaires, il y a déjà 12 demandes de départ. C’est un signe d’épuisement professionnel et de manque de personnel .Joël Volson, secrétaire du syndicat SUD santé de l’hôpital Paul-Guiraud de Villejuif

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Opportunité de réduire de 3,5 % 
les effectifs

Les salariés voient les 12 heures d’un bon œil parce qu’elles permettent de mieux concilier les vies professionnelle et privée, sans en décoder les écueils pour leur santé. Si la motivation des agents est essentiellement le cumul de repos, le rythme de travail est alors soutenu par la succession de longues journées de travail. Dans ces conditions, le travail est source de fatigue et donc de risque d’erreur. 
Véronique Rivat-Caclar, Directrice des soins au Centre hospitalier du Cotentin

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Il ne faut pas se voiler la face, cette organisation est avant tout une source d’économies pour les hôpitaux. On évalue entre 4 et 15 % les économies de personnel gagnées grâce aux 12 heures. André Giusti

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C’est la raison pour laquelle les directions d’hôpitaux persistent dans cette voie, alors que trois décisions de justice ont confirmé l’illégalité de cette organisation du travail.

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Note BBL

Le 27 février, Marisol Touraine annonçait un plan visant à faire 3 milliards d'économies.

Parmi les mesures, 22 000 postes supprimés dans les hôpitaux d'ici fin 2017.

Burn-out chez le personnel, danger pour l'usager... Tout cela était à prévoir.

Dans un long article à venir, BBL reviendra sur cette incroyable histoire.

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Commentaire (1)

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  • Garagamel le 23 Janvier 2016, 15h41

    On attend avec impatience votre article.
    Bravo et longue vie à votre site internet très pédagogique que je ne connaissais pas.

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