La fin du médecin de famille ? Que faire ?

Date de publication : 16 Février 2017
Source : barbalabs
Nombre de commentaires : 2
Le prix de la consultation des généralistes augmente, cette mesure est-elle réellement suffisante pour sauver la profession ?

Certains s'en souviennent peut-être, l'augmentée du tarif des consultations chez les généralistes, c'est pour cette année 2017, en mai.

Vu qu'à ce moment de l'année, la présidentielle française risque de monopoliser les antennes, nous préférons sortir le dossier un peu en avance ; )

Les tarifs passeront à 30 euros pour les moins de 6 ans et à 25 euros pour les autres.

Faut-il s'en plaindre ? En général on n'aime pas trop quand les prix montent, mais prenons un peu de distance.

Souvenez-vous de ces salles d'attente pleines à craquer... De ces médecins finissant leurs consultations bien après l'heure prévue... Littéralement obligés de bâcler leur travail. N'ayant pas le temps de réfléchir vraiment au cas du patient qui est devant eux. N'ayant jamais le temps d'approfondir. Jamais le temps de questionner le patient sur son mode de vie, ses habitudes... sur l'origine du mal finalement. Des symptômes = des médicaments ! Vite ! Vite !

Mais pourquoi une telle situation ? En faisant une petite recherche, voici ce qu'on trouve :

Parmi les médecins, c'est le généraliste qui gagne le moins.

Le métier de généraliste est-il attractif ?
Le métier de généraliste est-il attractif ?

La conséquence c'est que ce métier attire de moins en moins. En effet, le nombre de généraliste dégringole en France. On estime qu'entre 2007 et 2025, on en aura perdu 25% !

Le calcul est vite fait. Le généraliste aura de moins en moins de temps pour soigner ses patients. De moins en moins de temps pour la formation continue au cours de sa carrière. Son boulot sera de plus en plus oppressant, de moins en moins intéressant aussi.

Alors, avec une sécurité sociale à la dérive financièrement, comment redresser la barre ? C'est l'un des casse-têtes que le ministère de la santé doit résoudre.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que c'est le généraliste qui est la clef de voûte de notre système de santé. C'est lui qu'on doit aller voir en premier. C'est lui qui doit diagnostiquer. C'est lui qui doit nous orienter vers le spécialiste adapté à la situation !

Avant, on parlait de « médecin de famille ». C'était le médecin de famille qui connaissait tout le monde : le père, la mère et les enfants... C'est le carnet de santé du quartier.

C'est lui qui devrait être le maitre de la prévention. C'est lui seul qui peut se poser des questions très importantes de type :

  • "Pourquoi la famille Machin font tous des bronchites à répétition ? Génétique ou mode de vie ?"
  • "Tiens, c'est vrai que Mr Bidule a beaucoup forci ces derniers temps. Le surpoids est un risque cardiaque majeur et il vient de tourner la quarantaine. Il faudra que je donne quelques conseils nutritionnels à madame..."
  • "Depuis son divorce Madame Trucmuche fume de plus en plus. On la voit passer, la mine triste. Il ne faudrait pas qu'elle sombre dans la dépression. Elle jouait au volley ball plus jeune. Je sais qu'elle est très amie avec plusieurs des membres de l'équipe. Je vais lui conseiller. Quoi de mieux qu'une activité sociale et sportive pour lui changer les idées et aider physiologiquement et hormonalement à passer le cap ?"

Seul le médecin de famille peut avoir cette vision globale et être le gardien de notre santé quand elle part à la dérive. Il doit ou devrait endosser le rôle de chaman du quartier, de druide du village :)

Le médecin de famille en plein boulot !
Le médecin de famille en plein boulot !

Une augmentation de la consultation, c'est probablement mieux pour les généralistes, mais est-ce que cette mesure sera suffisante pour sauver la profession ?

Donnez-nous vôtre avis. Quelles mesure penseriez-vous meilleures ?

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Commentaires (2)

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  • Rob le 16 Février 2017, 19h18

    Le métier de généraliste est-il vraiment si peu attractif ? Les chiffres que vous citez sont les revenus net avant impôt sur le revenu. Et donc toute les charges (loyer, secrétaire, voiture, petit matériel) ont déjà été retranché.

    82020 / 12 -> 6835€

    Il reste donc 6835€ par mois à un médecin généraliste pour vivre. (le smic est à 1000€ pour vivre) C'est un revenu très confortable, et mérité par un travail difficile et à responsabilité.

    La question ne seraient elle pas ... est-ce normal que les radiologues (par exemple) touchent 189770 € par an toutes charges déduites, soit 15814€ par mois ...

    Je retourne donc la question, ne devrait on pas ramener les revenus des spécialistes à un niveau autrement plus raisonnable ? Ne devrait on pas interdire les dépassements d'honoraire qui deviennent la norme ?

    • Barbalabs le 21 Février 2017, 06h30

      Bonjour Rob. Merci pour votre commentaire constructif.

      Nous n’avons pas voulu dire que le métier de généraliste n’est pas attractif dans l’absolu. Cela nous semblait assez évident.

      Nous avons voulu dire qu’il n’est pas attractif relativement aux autres médecines étant donné qu’il nécessite le même niveau d’études et qu’il est dernier du classement.

      En effet, la manière dont on dépense l’argent est à notre avis très discutable. C’est bien une cagnotte commune (la sécu) qui finalement va rémunérer les médecins d’une manière ou d’une autre.

      La rémunération des médecins est donc un cas d’éthique. L’argent qu’on dépense ici ne pourra pas être dépensé ailleurs.

      Le sujet de la réflexion qui nous inquiète ici est plutôt la diminution du nombre de généraliste et comment y remédier.

      La disparition aussi du médecin de famille au profit d’un généraliste qui fait tout à la chaine tellement son cabinet est pleins...

      Finalement chez BBL on milite pour une médecine basée sur des vraies preuves scientifiques mais aussi plus humaine et bienveillante.

      Il faudrait faire un audit des dépenses en matière de santé dans notre pays et voir comment mieux répartir nos postes de dépense. D’après le Professeur Even, il y aurait 10 milliards de très facile à économiser avec les médicaments qui n’ont scientifiquement pas fait leurs preuves.

      Est-ce une bonne idée de réduire les revenus des spécialistes ? Nous n'avons pas la réponse à cette question. Par contre, nous ne voyons pas de contre argument au déremboursement des médicaments inutiles.

      10 milliards, pour se rendre compte, ça fait plus de 500 000 salaires nets annuels d’infirmières. Alors pourquoi Marisole Touraine choisit-elle de continuer de les rembourser, tout en faisant 22 000 licenciements ?

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