Témoignage de ce qui peut vous arriver en hôpital

Erreurs de diagnostics, mensonges, incompétences... Si certains médecins sont formidables et compétents, malheureusement, c'est l'exception qui confirme la règle. Témoignage.
Témoignage de ce qui peut vous arriver en hôpital
Date de publication : 22 Mars 2015
Nombre de commentaires : 2

Je publie ici la lettre que j'ai écrite après mon séjour en enfer à l'hôpital pour mon cancer. Avec cette lettre, j'ai tenté en vain d'alerter le Professeur en charge de la direction générale de l'hôpital de l'état inquiétant de la désorganisation de son établissement.

Pour ce qui est des erreurs médicales, je vous l'avoue, on compte sur la vigilance des familles. Médecin médiateur de la commission des relations avec les usagers

Tous les noms ont été remplacés afin de préserver l'anonymat du personnel soignant. C'est bien un système que nous voulons dénoncer, pas des individus.

Lyon le 9 Janvier 2014

Objet : Graves dysfonctionnements constatés au sein du centre André Honnorat

Madame,

Je vous écris motivé par l'une de vos collègues, le “Dr Chveugoff", médecin de la douleur. En effet, mon parcours au sein du centre André Honnorat lui a paru, selon ses propres termes, "effrayant". Elle m'a donc demandé de vous écrire une lettre pour vous rapporter les dysfonctionnements qui vont suivre. Elle m'a assuré que chacune des lettres qui vous étaient adressées étaient examinées avec attention et prises en compte. C'est pourquoi je prends le temps de le faire. Le docteur Ceddan m'a également encouragé à vous écrire.

J'ai été diagnostiqué pour une maladie de hodgkin en octobre 2012. J'ai été pris en charge par le docteur Ceddan afin de réaliser quatre cures de chimiothérapie (huit séances) ainsi que quinze séances de radiothérapie. La gentillesse et l'efficacité du corps médical m'ont alors surpris et impressionné. En effet, si la chimiothérapie a été très mal supportée, les soins alors administrés ont été remarquables. Hormis peut-être, une erreur d'administration de médicaments par perfusion lors de ma dernière séance de chimiothérapie.

Radiothérapie, le début des gros problèmes
Radiothérapie, le début des gros problèmes

C'est lors de ma radiothérapie que les choses ont réellement dégénérées. Mon système immunitaire étant faible à ce moment-là, on m'a demandé de rapporter tous symptômes. En effet, mon état aurait pu se dégrader rapidement. Au cours de la première semaine, différents symptômes mineurs d'état grippal sont survenus. C'est alors que l'on m'a prescrit de la pyostacine. Mon état s'est alors très vite aggravé. J'ai consulté différents radiothérapeutes mais ces symptômes n'intéressaient pas vos collègues. En effet, l'un d'entre eux m'a répondu : «ce n'est pas de ma faute». Il considérait probablement qu'il devait traiter uniquement les inconvénients dus à la radiothérapie et pas les autres, laissant ainsi mon état général s'aggraver. C'est en lisant la fiche des effets indésirables du médicament que l'évidence me sauta aux yeux : j'étais allergique. Je présentais la plupart des effets indésirables de la liste ! Etonné par ma découverte, je le signalai aux médecins mais ceux-ci semblaient indifférents. Pourtant, ne devrait-il pas être facile pour un médecin de prendre conscience que mes symptômes correspondaient à l'allergie au médicament qu'il a prescrit ? D'autant plus que ces informations sont très faciles à trouver : il suffit de regarder le feuillet dans la boite du médicament, ou encore de faire une simple recherche internet.

C'est alors que le plus gros dysfonctionnement de ma prise en charge survint. Ayant un système immunitaire relativement bas, affaibli sans doute par ce problème d'allergie, fragilisé par la radiothérapie, des douleurs à la langue et à l'intérieur de la joue irradiée sont survenues.

Le diagnostique automatique : La radiomucite. Une erreur lourde de conséquence.
Le diagnostique automatique : La radiomucite. Une erreur lourde de conséquence.

L'équipe médicale a réagi de manière robotique et a déclaré qu'il s'agissait d'une “radiomucite". Tout comme pour le problème de l'allergie, l'équipe médicale a réagi de manière robotique et a déclaré qu'il s'agissait d'une “radiomucite" malgré l'examen médical qui semblait infirmer cela. En effet, cette pathologie liée à la radiothérapie est fréquente. Les médecins m'ont examiné : aucune rougeur ni irritation à l'extérieur, mais une inflammation de grade quatre à l'intérieur. Il faut savoir que la sensibilité à la radiothérapie est à peu près la même pour toutes les cellules, à l'extérieur comme à l'intérieur de la joue. Cette constatation aurait donc dû écarter la thèse de la radiomucite. Pourtant, ils sont restés sur leur première idée. De plus, l'intérieur de ma bouche présentait des tâches blanches en forme de “carte de géographie". J'ai indiqué à toutes les personnes qui m'ont ausculté, que cela ressemblait en terme de douleur à un zona ou à un herpès. Ayant déjà subi un zona étant enfant et des herpès quasi annuellement, je les invitais à considérer ce point. Ils ont tout de même préféré rester sur le diagnostic de la radiomucite, bien que je n'en présentais pas les symptômes. Grave erreur qui a entraîné une première hospitalisation au 2BN entrecoupée d'un week-end à domicile. Puis d'une seconde hospitalisation à l'antenne de Villemin, pour finir sur une autre hospitalisation à domicile.

La douleur dans la bouche devenant insupportable et étant dans l'incapacité de parler, mes parents ont appelé le centre André Honnorat afin de savoir quoi faire. N'offrant aucune prise en charge passé 17h30, ils nous ont conseillé de nous rendre au service d'urgence d'HVA. J'en étais réduit à expliquer mes symptômes par écrit. Au vu de mon état effrayant, les médecins m'ont tout de suite pris en charge malgré la pleine salle d'attente. Ils m'ont directement alité et mis sous morphine par intraveineuse. Ils nous ont vivement conseillé de nous rendre au centre André Honnorat à la première heure le lendemain.

overdose de morphine
overdose de morphine

La première hospitalisation au 2BN, a été marquée par l'incompétence de l'équipe médicale qui contraste fortement avec la bonne réputation de l'établissement, confirmée par ma toute première impression. N'étant pas traité pour la maladie qui me faisait souffrir, je me suis vu administrer des doses de morphine. L'infirmière a confondu plusieurs fois “ouvert" et “fermé" en ce qui concerne la vanne du tuyau de perfusion. Elle a donc laissé s'accumuler une grande quantité de morphine, puis me l'a injectée d'un coup par le biais d'une rinçure car le sang commençait à coaguler dans le cathéter, et à le boucher. De plus, nous avons constaté avec l'infirmière suivante que la tubulure et les robinets avait été montés n'importe comment, et avec le mauvais matériel. La conséquence de cela a été une overdose de morphine avec de fortes hallucinations visuelles et auditives. Pour la première fois, j'ai dû appeler depuis l'hôpital mes parents “au secours". Ressentir la peur dans un tel environnement, c'est à mon avis faire preuve de lucidité. Notez que je rapporte ici les événements les plus marquants. Je passe évidemment sur les nombreuses incompétences qui, si elles n'étaient pas accompagnées d'autres énormités, ne resteraient pas des détails.

C'est un vendredi que l'on m'a autorisé la sortie de l'hôpital. Cette décision a paru aberrante à votre collègue du lundi (pas de sevice d'urgence le week-end). En effet aucun de mes problèmes n'étaient réglés. Les infirmières à domicile ont tenté d'alerter le centre André Honnorat par téléphone de la gravité de mon état. J'étais en occlusion depuis plus de deux semaines. Ma soi-disant radiomucite allait de mal en pis. Le medecin de garde a pris la décision de m'hospitaliser à l'antenne de Villemin sur le champ.

Ce service semble abandonné de tous
Ce service semble abandonné de tous
Ce service du centre André Honnorat semble abandonné de tous. Tout d'abord, c'est très sale (les sanitaires notamment). Le personnel de nuit est dévoué certes mais totalement dépassé. Ils constatent fréquemment, en prenant leur service, qu'ils n'ont pas les médicaments qui correspondent aux prescriptions médicales. Ils doivent alors aller “mendier" dans l'hôpital militaire de quoi tenir jusqu'au matin. Le personnel de jour, quant à lui oublie de faire les commandes ! Les bains de bouche à l'Aspégic, Solupred et Procaïne étaient la seule manière de calmer ma douleur. Je ne pouvais pas m'en passer sans souffrir de manière insupportable jour et nuit. Aussi incroyable que cela puisse paraître, très régulièrement il n'y avait plus d'Aspégic à l'hôpital. Mes parents me ravitaillaient eux-mêmes. Pour ne pas heurter la sensibilité du personnel soignant de jour, nous en sommes venus à cacher dans ma chambre du bain de bouche afin de parer à l'urgence en cas de manquement de l'hôpital. Manquement quasi quotidien d'ailleurs.

L'infirmier Jean, pour ne pas le citer, qui se prenait pour un médecin, se permettait de changer les prescriptions. Il a par exemple changé le dosage du bain de bouche ainsi que la fréquence d'administration plusieurs fois. Devant sa mauvaise fois, nous avons dû exiger de voir la prescription médicale. Ce garçon, pourtant professionnel de la santé, se basait sur le nombre de sachets plutôt que sur le dosage qu'ils contiennent. Par exemple : quatre sachets de 500 mg au lieu de quatre sachets de 1000 mg en affirmant que c'est la même chose. Une autre infirmière me donna quant à elle du Doliprane “per os" plutôt que du Perfalgan, prétendant elle aussi que c'était la même chose. Découvrant ceci, le médecin outré lui demanda des comptes... D'autre part, il fallait réclamer son traitement avec insistance, sinon il n'était pas administré. De plus, on nous reprochait de ne pas l'avoir demandé. J'avoue mon désarroi… Je me trouvais alors dans un état de fatigue extrême. En effet, je devais pratiquer un bain de bouche toute les 45 minutes maximum, même la nuit. Incapable de réclamer mes soins, sans le soutien de mes parents, je me demande comment cela aurait fini.

Le service présente également de graves problèmes de sécurité. En effet, la famille d'une défunte de la chambre d'à côté a réussi à s'infiltrer en nombre dans le service pratiquement toute la nuit. Plus de vingt-cinq personnes participaient à cette veillée funèbre en chantant et en se déplaçant bruyamment dans tout le service. On était évidement très au delà des heures de visites. Les infirmières de nuit étaient terrorisées et ne savaient pas comment gérer cette situation. Personne n'a pu dormir.

Exténué par cette nuit, j'ambitionnais de me reposer le matin. C'est alors qu'une femme du personnel d'entretien s'est introduite avec véhémence dans ma chambre refusant de laisser les volets fermés, ayant besoin de lumière pour nettoyer. Me sentant agressé, après avoir plusieurs fois poliment expliqué la situation, et voyant sont refus de me laisser tranquille, j'ai craqué. J'ai haussé la voix de plusieurs tons pour qu'elle me laisse enfin me reposer. Elle s'est alors agrippée à mon lit en le secouant et en me hurlant dessus prétextant qu'elle devait le déplacer pour nettoyer en dessous ! Évidemment, malgré le désordre, personne n'est venu voir ce qui se passait. J'ai encore une fois appelé ma famille à l'aide.

Par ailleurs, au cours de ce séjour, j'ai reçu la visite d'un médecin spécialisé dans les cancers ORL. Il est entré dans ma chambre suivi de deux étudiantes en médecine et du docteur chargé du service. A plus d'un mètre du pied de mon lit, il m'a demandé d'ouvrir la bouche et a déclaré la seconde suivante que c'était une radiomucite, sans même m'ausculter. Puis il est parti avec en prime les excuses du docteur en charge du service pour l'avoir dérangé pour si peu.

Le mensonge qui me fit perdre trois mois !
Le mensonge qui me fit perdre trois mois !
Me permettant d'insister malgré les avis d'éminents spécialistes de toute évidence fort concentrés et fort compétents, je réclamai une analyse biologique que je finis par obtenir. Cependant, le prélèvement de bouche par écouvillon a apparemment été fait trop tard et est arrivé au labo après l'horaire de fermeture. Le labo a donc déclaré le prélèvement “non conforme" et en a réclamé un autre qui ne lui est jamais parvenu. En effet, il n'a jamais été réalisé. Jean, mon infirmier favori, nous a menti et nous a dit que le prélèvement confirmait l'absence de zona ou d'herpès. C'est trois mois plus tard, en consultant mon dossier médical, que le docteur Ceddan nous a révélé qu'en réalité, l'analyse n'avait jamais été faite.

Ce n'est pas tout. En me déplaçant pour aller aux toilettes, je me suis blessé l'orteil en heurtant le pied à perfusion. Redoutant une maladie nosocomiale, j'ai demandé de nombreuses fois des soins. Malheureusement, le personnel a refusé de s'en occuper. Sans surprises, en quelques jours, cela a dégénéré en panaris et a nécessité un traitement à base d'antibiotiques.

Je n'en pouvais plus. Puis, lorsque nous avons appris l'existence de l'hospitalisation à domicile, nous l'avons tout de suite réclamée. Il a fallu trois ou quatre jours pour que cela se mette en place et que l'on puisse enfin fuir cet endroit cauchemardesque et dangereux.

Le retour de Guignol : Le docteur Deval
Le retour de Guignol : Le docteur Deval
Considérant la douleur, l'occlusion, et le problème du panaris qui s'aggravait, les infirmières ont réclamé une visite du médecin. En effet, moralement très affecté par des mois de souffrance, des infirmières me rendaient visite deux fois par jour à la maison, trois heures à chaque fois. (Calmant, antibiotique, alimentation parentérale dû à l'impossibilité de me nourrir normalement) Il faut bien se rendre compte que je me soulageais avec des bains de bouche que je ne pouvais espacer de plus de quarante cinq minutes, m'empêchant donc de bénéficier d'une nuit de repos pourtant fort nécessaire. Le docteur Deval, très attendu par l'infirmière de permanence, par ma famille et moi même, était visiblement très agacé d'être obligé de venir chez nous. Il a même demandé à mon père dans l'ascenseur en arrivant : “qu'est-ce que je fou là ?". Etat d'esprit assez étrange s'il en est. J'étais assez stressé par cette histoire de panaris ayant un membre de ma famille qui a dû se faire amputer à cause d'une erreur médicale semblable.

Le docteur ausculta mon pied. Puis en discutant, il a commencé à se braquer et à devenir très agressif, étant vexé par le fait que j'avais développé un panaris suite à mon hospitalisation. Il a voulu me prescrire des antibiotiques en ignorant mes allergies. Il commença par la pénicilline, puis la piostacyne et enfin, il renonça, ne sachant pas que faire dans ce cas là et ayant besoin des conseils d'un de ses collègues. Il n'avait visiblement pas le temps ou l'envie de consulter mon dossier médical et de prendre en considération ce genre de détails.

En ce qui concerne mes douleurs à la bouche, malgré l'absence d'amélioration que l'on est censé observer dans une radiomucite après tout ce temps, le diagnostique initial n'a évidemment pas du tout été remis en cause ?

Ensuite, j'ai voulu le questionner par rapport à mon alopécie de la moitié du visage. Il s'est alors montré à nouveau très agressif. En pleine crise de méchanceté gratuite, il a déclaré qu'à cause de l'irradiation, cela ne s'améliorera jamais. Puis il ajouta que se plaindre dans ma situation était inapproprié puisqu'il aurait très bien pu nous annoncer que je n'en avais plus que pour trois mois. Une agression en règle de la part d'une personne pourtant censée apporter du réconfort. Cette visite m'a vraiment démoralisé. L'infirmière présente à ce moment-là a été elle aussi extrêmement choquée par cette attitude. Souhaitant apporter tout le réconfort qu'elle pouvait, elle m'a proposé des calmants (Stylnox). Pour information, la barbe et les cheveux ont repoussés et sont maintenant normaux. En effet, l'irradiation ne génère pas systématiquement une alopécie définitive, surtout à la puissance que l'on m'a administré.

Au cours de mon hospitalisation à domicile, j'ai eu plusieurs fois rendez-vous avec la stomatologue Pauline Dessousterre pour la réalisation d'une gouttière dentaire en vue d'appliquer un gel fluoré. Je m'étonne à posteriori, au regard de sa spécialité, de sa non remise en cause de mon diagnostic initial de la radiomucite.

6 mai, ma mère ne sait plus que faire. Elle appella le docteur Ceddan qui nous invita alors à nous présenter à son bureau l'après-midi même. Comme à son habitude, sa qualité d'écoute nous apporta beaucoup de réconfort. Le docteur Saleḥ, présente pendant l'entretien, ainsi que le docteur Ceddan sont toutes deux très étonnées de mon degré de médicalisation. Elles pensent tout de suite à un zona. Elles appellent le docteur Solesquif pour avoir son avis sur la radiomucite. Le docteur Solesquif explique alors à quel point ce diagnostic est à éliminer étant donné mes symptômes (aucune lésion externe). A l'évocation de la possibilité d'un zona, ma mère et moi-même parlons du prélèvement de bouche de Villemin censé avoir déjà écarté cette possibilité. Etonnée et suspicieuse, le docteur Ceddan vérifie mon dossier médical et nous apprend alors que l'on nous a menti et que le prélèvement n'a jamais été analysé, comme expliqué précédemment. Il est regrettable que mon médecin référent radiologue, le docteur Solesquif, n'ai jamais été prévenu malgré mes hospitalisations.

Elles décidèrent donc de tenter de me mettre sous Zelitrex déclarant que si la douleur régresse dans les trois jours, le diagnostic du zona sera avéré. Le soir même, j'ai été capable de dormir une nuit complète. Et dès le repas du lendemain soir, j'ai pu recommencer à m'alimenter normalement !

Le docteur Saleḥ nous a alors demandé pourquoi nous n'avions pas consulté le médecin de la douleur. Nous en ignorions l'existence et c'est pourquoi nous l'avons finalement consulté après coup, malheureusement.

Il est très agréable de constater que le Docteur Ceddan déclare à l'oral comme à l'écrit porter une part de responsabilité dans ce grand cafouillage étant donné qu'elle est mon médecin référent. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Elle regrette le manque de coordination.

Au vu des quantités astronomiques de morphine injectées dans mon corps pendant environ trois mois, je considère que les conseils qui m'ont été donnés étaient pour le moins légers. Des instructions précises sont nécessaires dans ces cas-là. Je ne les ai eu malheureusement que trop tard au cours du second entretien avec le docteur Chveugoff. L'arrêt de la morphine a été l'un des moments les plus horribles de ma vie. Je vous renvoie à la description des différents stades suivant l'arrêt de la morphine dans la littérature médicale (j'ai eu absolument tout !). Pour rappel, l'arrêt de la morphine est comparable à l'arrêt de l'héroïne : une personne seule pourrait mettre fin à ses jours au cours des crises de démences qu'elle subit.

Youpi c'est la fete !
Youpi c'est la fete !

En rendant la pompe à morphine au service d'HAD de Monsieur Deval, nous avons eu le déplaisir de rencontrer à nouveau ce dernier. Sans haine ni agressivité, nous souhaitions lui parler pour l'alerter sur l'erreur de diagnostic que nous venions de subir. Nous sommes tombés sur un individu braqué et sur la défensive. Niant tout en bloc et ne me laissant finir aucune phrase, il a osé nous mentir effrontément. Il affirma que du Zovirax m'avait déjà été injecté pendant dix jours lors de mon hospitalisation au 2BN. C'est impossible car je ne suis resté que sept jours sur place. Devant sa mauvaise fois et étant contraint de le mettre devant ses contradictions pour qu'il ne réitère pas cette erreur, nous avons exigé la consultation immédiate de mon dossier médical. Il a refusé par trois fois prétextant son incompétence en termes de maîtrise de l'outil informatique. Nous lui avons alors simplement suggéré d'entrer mon nom, prénom et date de naissance, et le dossier apparu instantanément. Il fut contraint d'admettre que mon dossier ne faisait pas état de l'administration de ce médicament. Cependant, il persista en déclarant que la pharmacie avait dû oublier de le noter. Evidemment, ceci était un mensonge de plus. J'espère cependant que notre entrevue lui aura rafraichi la mémoire sur les symptômes de la radiomucite et sur l'attitude à adopter devant un tel cas (tâches blanches en “carte de géographie", absence de lésion externe, antécédents du patient, etc.)

Je vais maintenant conclure en attirant votre attention sur plusieurs points.

  • Il me semble que la prévention post-radiothérapie pourrait être systématique comme elle l'a été pour plusieurs personnes de notre entourage. Cette erreur de diagnostic aura entrainé plus de deux semaines d'hospitalisation, plus de deux mois de HAD, des milliers d'euros en soins et matériel, environ trois mois de souffrances nuits et jours pour le patient, une souffrance énorme de la part de la famille, ainsi que des séquelles physiques et psychologiques encore présentes à ce jour. Tout ceci aurait pu être évité avec une simple administration de quelques grammes de Zelitrex de manière systématique.
  • Il faudrait envisager de questionner systématiquement les patients sur les médicaments pris à domicile pour leur chimiothérapie afin d'éviter que les erreurs d'administration de médicaments ne se reproduisent.
  • Une brochure au tout début de la prise en charge évoque le médecin de la douleur. Ceci dit, plusieurs mois après, il est très facile d'avoir oublié ce détail. Pourquoi personne ne m'a orienté vers le docteur Chveugoff plus tôt ? Elle aussi se pose cette question…
  • Sans le soutien familial dont j'ai bénéficié, que deviennent les patients ?
  • Une formation du personnel non soignant sur la douleur des patients s'impose, à mon avis.
  • Un manque de coordination et de communication entre les différents médecins ralentissent le processus de diagnostic.
  • Ayant tout au long de mon parcours essayé de ménager les sensibilités et égos des médecins et membres du personnel soignant, je regrette aujourd'hui de ne pas avoir été assez incisif lors des moments-clés.
  • L'absence de prise en compte des antécédents du patient a été l'un des points clés de l'enchaînement des ces événements. Les excès d'égo ainsi que l'incompétence des différents spécialistes, sont à mon avis autant d'autres éléments fondamentaux pour comprendre ces erreurs. Diagnostiquer une radiomucite ou toute autre pathologie sans en connaître les symptômes est pour le moins problématique.

Je reste à votre entière disposition si vous souhaitez avoir plus de détails sur les différents points abordés dans cette lettre, laquelle n'étant qu'une version résumée des faits.

Dans l'attente de vous lire ou de vous rencontrer, je vous prie de croire, Madame, en mes salutations les meilleures.

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Commentaires (2)

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  • alex le 29 Mars 2016, 20h26

    On a l'impression que vous tombez de la planète Mars et que vous découvrez la France. Bien sur que ce pays est complètement décadent truffés d'imbéciles diplômés en tous genre, l'asile de fous que vous avez rencontré n'est qu'un échantillonnage moyen de la somme de tarés qui vivent dans ce pays. Mais malheureusement à moins d'avoir de l'argent vous êtes condamné au loto de la vie, car dans bcp de pays occidentaux c'est la même. J'ai souvent fait le même constat pour aller vivre dans d'autres pays ou j'ai retrouvé la même folie (uk, belgique, Suisse, Hongrie (horreur) ). En réalité on vit dans une jungle d'un nouveau genre, la jungle urbaine qui à ses propres lois délirantes. Vous allez voir un médecin vous montrer une tumeur en phase 4, s'il a surdosé ses antidépresseurs, il va s'amuser avec et avec un air entendu, va vous conseiller de vous faire masser la boule par centre de massages thaïlandais.

    La jungle urbaine est bcp plus prédatrice et dangereuse que la savane et personne ne peut facilement s'en échapper. L'avenir est un loto ou l'intelligence a à peine sa place, et c'est très dur à vivre pour les gens cohérents qui se sont fait enfumer par le "savoir" à l'université où on explique en permanence la beauté du raisonnement rationnel, alors qu'il est quasi inexistant dans la vie réel. Ex pendant la crise de Cuba le gars avec le message de paix qui devait être lu à la radio pour eviter la 3 ieme guerre mondiale est resté bloqué dans l'ascenseur... les sous marins armés des têtes nucléaires sont tous tombés en panne et donc sont remonter à la surface avec pour doctrine de tirer si les destroyers américains (qui ignoraient qu'ils avaient des têtes nucléaires) s'approchaient de trop près... si vous êtes trop intelligent cassez vous la tête, mettez vous à boire, sinon il vous sera impossible de vivre dans ce monde de fous furieux.

  • alex le 29 Mars 2016, 20h31

    Un dernier point regardez le fils Depardieu, il est mort d'une maladie nosocomiale, si ça se trouve il s'est ouvert le pieds comme vous et ils ont pas su le soigner. Dans un interview, il avait été choqué des conditions de l’hôpital, il avait payé un ventilateur dans chaque chambre de tous le service tellement les patients mourraient de chauds.

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